Vertige

Cliquer sur les images c’est plus joli…

Bonjour,

j’aurais pu titrer « Vertige de la mouche », car hier soir j’ai dû rêver trop fort. Comme a dit mon fils en rentrant « tu sais maman on a eu beaucoup d’émotion ».

Faut dire que deux événements majeurs on eu lieu: la première truite prise à la mouche par mon fils et ma plus belle.

Pour une fois, vu que c’était mardi soir, j’emmenais mon fils avec moi. J’avais prévu l’artillerie lourde au cas où:

et l’imitation réaliste:

La soirée était propice aux éclosions de mouches de mai, mais contrairement à la veille où il y avait une mouche tout les 10 cm² et pas de gobages, cette fois-ci les poissons étaient en activité et nous accueillaient pas quelques ronds.

Pendant que je relâchait la première prise une téméraire c’est mis à gober à quelques mètres de la berge. Du coup je lui est dit « vas-y loulou celle-là faut que tu l’essayes ». Alors que j’étais déjà reparti à tenter les ronds au dessus du seuil, la 6 pied c’est mise à trembler et les deux asticots à s’agiter à chaque bout. Comme un chef il avait ferré la gourmande, avait ramener la soie et renter dans l’eau avec son wadders pour la prendre à la main. Une jolie truite pour ses 8 ans. Il fallu la mettre le long de la canne pour faire les mêmes photos que son père:

Il était pas peu fière pour pauser avec la bête mais pas autant que moi:

Après la remise à l’eau, il me dit « tu sais papa, de toute façon je serais meilleur que toi car tu n’a commencé la pêche à la mouche qu’à 17 ans »…çà promets!

Après la visite de Daniel qui nous a raconté ses exploits et écouter les nôtres, direction les grandes eaux pour voir si quelques beaux poissons ne montreraient le bout de leur nez avant la tombée de la nuit. La veille j’avais bien vu deux belles truites en activité mais elles n’avaient gober que 3 fois et le temps de changer de mouche c’était fini. Le premier gobage j’avais cru à un plongeon d’un rat musqué mais en fait au deuxième j’ai compris que c’étaient les mâchoires de la truite qui fessaient ce bruit en claquant à la surface.

Là sous les frondaisons, cela bouge, je scrute, une truite cueille les éphémères abritées sous les branches. La belle est cependant téméraire et vient de temps en temps en bordure choper une mouche. Je dis à loulou « baisse ta canne, je vais lancer ». L’imitation se posait juste en limite du feuillage, fallait juste attendre. Un remous fit disparaître le bout de plume, le ferrage un peu trop rapide fut sanctionner par un gros « flouffff » et à la soie qui file en l’air. « Ouha! elle était grosse celle-là » me dit le gamin « oui » lui répondis-je un peu dépité, la soie autour de la canne.

Je n’avais même pas eu le temps de la rembobiner  qu’un gobage se produisit au milieu de rivière. Lancer, le gobage recommença 50 centimètres en amont de ma mouche…je relance un mètre en amont, nouveau gobage encore 50 centimètre plus haut. Sur le coup j’ai cru avoir à faire à une arc-en-ciel qui vadrouillait, donc je relance 2 mètres en amont, cela n’a pas loupé le troisième rond était pour moi. Là j’étais dans le bon timing sans penser une seconde que j’avais accroché quelque chose de conséquent car le gobage était tout à fait normal.

J’ai compris alors l’utilité du 20 % et la 10 pied soie de 5 pour amortir les coups de tête de la bête. Une grosse masse jaune apparue en surface avant de faire un rush qui fit siffler le moulinet. Là mon padawan me dit « mais papa t’as accroché une carpe à la mouche », je ne lui ai pas répondu mais je savais que ce n’était pas une carpe. La soie filait toujours du moulinet avec pourtant un frein serré au taquet. Après 15 mètres elle fit demi tour pour tourner en rond. Arrivée en surface mon petit bavard ne manquait pas de commenter « ouha! j’ai jamais vu une aussi grosse truite, c’est moi qui l’épuise papa » « Ok, mais tu vas dans l’eau pour pouvoir mettre l’épuisette ». Je l’accompagnait en même temps car je savais l’endroit vaseux. Le premier coup d’épuisette fut le bon, je portait l’épuisette chargée à bloc sur la berge et accrochait le bras du loustique pour l’arracher aux limons.  » ouha! elle est énorme papa », oui le mètre affichait 67 centimètres mais la bête était taillée comme un obus musclé et avait une robe magnifique, jaune constellée de gros points noirs, seuls quelques points vermillons rescapé de son enfance étaient restés encore près de la queue large et droite comme celle d’un saumon. Un mâle splendide qui devait être autour des 4 kgs.

Pour une fois j’avais quelqu’un pour prendre le photos mais j’abrégeai vite la séance pour ne pas fatiguer mon adversaire.

C’était cependant sans compter sur mon aide qui me dit « Je peut la porter pour que tu me prennes en photos », je ne pouvais pas dire non même s’il avait du mal à la soulever.

Il fallut donc une assez longue séance de réanimation pour que la truite retrouve ses esprits mais heureusement l’eau était encore bien froide.

La belle est repartie en plein forme, peut-être que j’aurais la chance de la recroiser une prochaine fois. Quand on est rentré il faisait nuit.

Voici l’aventure en film avec quelques autres images du mois de mai:

[vimeo]http://vimeo.com/43142479[/vimeo]

et surtout n’oubliez pas « relâchez vos rêves » (mon fils en se couchant m’a dit « Fait de beaux rêves de pêche papa »)

A bientôt.

www.domainedumoulinneuf.com

Le Mordor

Cliquer sur les photos, c’est plus joli…

Bonjour,

La France est quand même un beau pays avec des Régions et des paysages très différents. L’avantage de faire de la compétition, même si c’est pas forcément compréhensible dans un loisir où la contemplation est primordiale, c’est que l’on va pêcher dans des endroits où on aurait jamais eu l’idée d’aller. A plus de 600 kilomètres de chez moi, le Velay est un de ces endroit pittoresque où le dépaysement est garantit.

A l’entrée un grand M jaune sur fond vert nous signale que l’on est entrée dans cette région de la Terre du Milieu:

A 1000 mètres d’altitude, les arbres n’ont toujours pas de feuilles et les maisons ressemblent à des morceaux de pierre:

Le matin nous seront réveillés (enfin surtout moi car je n’avait pas de sac de couchage haute-altitude et un petit malin avait coupé le chauffage!) par une température qui fige l’eau. Sur le Mont Mézenc la neige s’est déposée pendant la nuit (je rappel que l’on est le 6 mai). Heureusement contrairement à l’Orodruin, cette ancien volcan ne crache plus de flammes, encore que cela aurait pu réchauffer l’atmosphère. Bref on ne vient pas ici par hasard, il faut avoir une bonne raison et celle-ci est le Lignon, pas celui du Forez, celui du Velay (dans celui-ci il n’y a pas d’ombres, ils ne résisteraient pas!).

Les truites qu’il abrite sont protégées par un climat viril. Alors que les mouches de Mai commencent à sortir ici, là-bas les marchbrowns montrent à peine le bout de leur nez. La grêle, le vent et les hectolitres d’eau au mètre carré rappel que la canne à mouche est un bien frêle instrument pour affronter de telles conditions. L’herbe de bordure est recouverte par 40 centimètres d’eau mais celle-ci garde une certaine transparence filtrée par les tourbes qui s’accrochent à la roche volcanique. Les truites ont bien du mérite pour vivre dans cet environnement, elles vivent comme les Yacks en groupe et l’on peut faire des doublés. Il leur faut un minimum de 3 ans pour atteindre 23 centimètres:

Alors imaginer l’âge du plus gros poisson du concours, un monstre de 41 centimètres. Pour ma part je dépasserais deux fois les 30 centimètres, un exploit:

Comme les truites, les hommes et les femmes qui vivent ici sont nés ici, ils ont les mains caleuses et le dos vouté mais la chaleur de leur cœur n’a d’égal que leur gentillesse et eux au moins ils sont heureux de voir débarquer des touristes au mois de Mai.

En plus il peut faire beau plusieurs fois par jour et quand le soleil apparaît la beauté lugubre des lieux s’illumine:

Je ne pensais pas m’attacher à un tel lieu mais y pêcher au mois de juillet cela doit vraiment être pas mal. En plus je suis repartit avec l’anneau, cela motive:

Merci aux organisateurs et à mon Frodon (il avait prévu le coup en achetant la panoplie complète Guy Cotten) et peut-être à une prochaine fois sur les terres du Mordor…

A bientôt.

PS: pour ceux qui voudrait quelque chose de moins torride c’est ici:

www.domainedumoulinneuf.com